Pouvez-vous décrire qu’est que la SLA ? Quelle est la physiopathologie de cette maladie ?
La SLA ou maladie de Charcot est une maladie neurodégénérative dans laquelle les neurones issus du cerveau ou de la moelle épinière et qui innervent les muscles, vont dégénérer. Cela conduit à une paralysie progressive, des difficultés à parler ainsi que déglutir et enfin à une insuffisance respiratoire. La physiopathologie de la SLA est complexe et pas encore complètement élucidée. Les neurones vont dégénérer par l’accumulation de protéines pathologiques au sein de la cellule, cela va perturber le fonctionnement de celles-ci et mener à leur dégénérescence. De plus, les cellules gliales, cellules qui assurent le bon fonctionnement des neurones, se retrouvent également perturbées, ce qui va exacerber la dégénérescence des neurones.
Quels traitements sont actuellement disponibles et quelle est l’espérance de vie lorsqu’on est atteint de la SLA ?
Malheureusement, la SLA est une maladie incurable, aucun traitement n’est efficace à ce jour pour stopper la maladie. Les seuls traitements disponibles ne permettent de prolonger l’espérance de vie des patients que de quelques mois. Une fois le diagnostic posé, les patients ne survivent en moyenne que 2 à 5 ans.
Qu’est ce que la recherche peut apporter dans le cadre de cette maladie ?
Comme dit précédemment, d’une part on ne comprend pas encore parfaitement la physiopathologie de la maladie. De ce fait il est important de continuer la recherche afin d’avoir une meilleure connaissance de cette maladie pour mieux comprendre sa survenue et sa progression. D’autre part, d’un point de vue thérapeutique, seul un traitement est disponible sur le marché aujourd’hui en France, avec une efficacité très faible. Il est important de continuer à rechercher de nouvelles cibles ainsi que de nouveaux traitements pour améliorer l’espérance et le confort de vie des patients.
Sur quoi porte vos travaux de recherche ?
Le projet sur lequel nous travaillons consiste d’une part à mieux comprendre la physiopathologie de la maladie. Plus particulièrement, nous nous intéressons à un type cellulaire spécifique, les oligodendrocytes. Ce sont les cellules responsables de « l’isolation » de la conduction nerveuse. Elles sont en contact direct avec les neurones et dégénèrent également au cours de la maladie. Nous essayons de savoir quels sont leur implication et leur devenir dans le développement de la maladie. D’autre part, nous travaillons sur un traitement non invasif par stimulation magnétique qui pourrait retarder l’apparition et/ou la progression de la maladie et qui pourrait améliorer le confort de vie des patients.
En quoi votre projet est-il innovant ?
La majorité des travaux menés sur la SLA se sont historiquement concentrés sur les neurones moteurs, les cellules directement responsables du contrôle des muscles. Notre projet adopte une approche plus large en s’intéressant également aux oligodendrocytes et aux interactions qu’ils entretiennent avec les neurones au cours de la maladie.
Cette stratégie est innovante à deux niveaux. D’une part, elle pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes encore mal connus impliqués dans la dégénérescence du système nerveux. D’autre part, elle évalue le potentiel de la stimulation magnétique répétitive, une technique non invasive et non douloureuse déjà utilisée dans d’autres maladies neurologiques et psychiatriques, comme la dépression. Notre objectif est de déterminer si cette approche peut protéger les cellules nerveuses et ralentir l’évolution de la maladie.
Même si ces recherches en sont encore à un stade précoce, elles ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de traitements plus efficaces contre la SLA.
Et si la prochaine avancée contre la SLA commençait aujourd'hui ?
Les chercheurs explorent de nouvelles voies pour ralentir la maladie et mieux protéger les cellules nerveuses. Donnez-leur les moyens d'aller plus loin.