Depuis plusieurs années, le projet SAFE-M (Sustainable Access to Freshwater in Madagascar) mobilise enseignants-chercheurs et étudiants français et malgaches autour d’un objectif commun : améliorer la connaissance de la ressource en eau tout en renforçant les formations universitaires en hydrogéologie à Madagascar.
L’originalité du projet repose sur une approche fondée sur la transmission des savoirs. Les étudiants participent à la conception d’équipements scientifiques low-cost, les utilisent sur le terrain aux côtés de leurs homologues malgaches et contribuent à produire des données utiles à la recherche tout en répondant à des besoins concrets.
Donner du sens à ses études
Pour Thomas comme pour Miryam, rejoindre SAFE-M répondait avant tout à une envie de mettre leurs connaissances au service d’un projet utile.
Miryam découvre SAFE-M en échangeant avec sa directrice de formation, à la recherche d’un projet associant recherche et solidarité internationale. Thomas, de son côté, découvre le programme grâce à des camarades déjà partis à Madagascar et participe, dès sa formation, à la fabrication de pH-mètres destinés aux étudiants de l’Université d’Antananarivo.
« J’ai toujours voulu mettre mes connaissances au service d’actions humanitaires concrètes. »
— Miryam
Tous deux voient dans SAFE-M une occasion d’apprendre autrement, en confrontant leurs connaissances scientifiques aux réalités du terrain.
Une coopération qui se construit sur le terrain
À Madagascar, les étudiants participent pleinement aux missions du projet. Ils forment leurs homologues à l’utilisation des équipements scientifiques, réalisent des campagnes de mesure dans les bassins versants d’Antananarivo et de l’Itasy, collectent des données sur la qualité de l’eau et prennent part aux projets de recherche développés localement.
Mais cette expérience dépasse largement le cadre scientifique. Tous deux évoquent la qualité des échanges avec les étudiants, les enseignants et les habitants rencontrés au cours de la mission. Cette proximité nourrit les apprentissages autant qu’elle renforce la compréhension des enjeux locaux liés à l’accès à l’eau.
« Le dialogue avec les habitants a également occupé une place essentielle. Les échanges avec les enseignants, les étudiants et les populations locales ont été particulièrement riches et inspirants. »
— Thomas
Concevoir des outils pour transmettre les compétences
L’une des spécificités de SAFE-M est de s’appuyer sur des équipements scientifiques fabriqués par les étudiants eux-mêmes avant leur départ. Pensés pour être accessibles, robustes et réparables, ces outils constituent un véritable support pédagogique.
Les retours recueillis sur le terrain permettent d’améliorer les équipements d’une année sur l’autre et d’adapter les formations aux besoins exprimés localement. Au-delà de leur dimension technique, ils favorisent surtout la transmission des connaissances et l’autonomie des étudiants qui les utilisent.
« Les apporter à Madagascar, montrer aux étudiants comment les utiliser, puis savoir qu’ils pourront à leur tour transmettre ces connaissances donne tout son sens au travail réalisé en amont. »
— Miryam
Une expérience qui laisse une empreinte durable
Au fil des missions, les étudiants développent bien plus que des compétences scientifiques. Enseignement, communication, adaptation au terrain, travail en équipe ou coopération internationale font désormais partie intégrante de leur parcours.
Cette immersion influence aussi leurs choix d’avenir. Tous deux souhaitent poursuivre des projets où la recherche s’inscrit au service des territoires, du dialogue et de la coopération.
« Les missions menées dans le cadre du projet SAFE-M ont renforcé mon envie de travailler à une échelle locale, en accordant une place centrale au dialogue, à la transmission des connaissances et à l’accompagnement des collectivités engagées. »
— Thomas
Pour eux, SAFE-M démontre qu’une coopération scientifique durable ne repose pas seulement sur le partage de connaissances, mais sur la confiance et la capacité de chacun à devenir acteur de son propre développement.
« La seule aide qui vaille est celle qui permet de se passer d’aide. C’est exactement l’esprit de SAFE-M. »
— Thomas
À travers ces parcours, SAFE-M montre que former les futurs professionnels de l’eau, c’est aussi former des étudiants capables de transmettre leurs connaissances, de travailler avec d’autres cultures scientifiques et de construire, ensemble, des solutions durables face aux défis de l’accès à l’eau.