L’adolescence est une période déterminante, au cours de laquelle se construisent l’autonomie, les relations sociales et le rapport à l’école. Mais certains jeunes doivent aussi composer avec la maladie, le handicap ou les difficultés de santé d’un membre de leur entourage. C’est précisément cette réalité qu’explore l’étude ELIAS, consacrée à la santé, au bien-être et à la scolarité des collégiens, avec une attention particulière portée aux situations de jeune aidance.
Des résultats qui rendent visible une réalité encore peu documentée
Entre septembre 2023 et janvier 2026, 2 366 collégiens ont été recrutés dans le cadre de l’étude, principalement en classes de 5e et de 4e, avec un suivi prévu jusqu’en 3e.
Les premiers résultats montrent que 41,3 % des adolescents interrogés déclarent avoir un proche présentant un problème de santé. Parmi eux, 16 % indiquent que plusieurs de leurs proches sont concernés et près d’un tiers vivent avec la personne concernée.
Derrière ces chiffres se trouvent des situations très diverses : maladies chroniques, troubles psychiatriques, handicaps moteurs ou sensoriels, ou encore problèmes de santé plus courants.
L’étude s’intéresse également aux formes d’aide apportées par les adolescents dans leur vie quotidienne : tâches domestiques, gestion du foyer, soutien émotionnel, accompagnement des frères et sœurs, soutien pratique ou encore soins personnels.
Quand l’aide apportée par les jeunes devient un enjeu de santé et de bien-être
L’un des enseignements importants d’ELIAS est que tous les adolescents ne sont pas exposés de la même manière. Les chercheurs ont identifié plusieurs profils selon le niveau et la nature de l’aide apportée.
Les jeunes qui apportent une aide importante dans plusieurs domaines sont notamment plus susceptibles d’avoir un ou plusieurs proches avec un problème de santé. Ils rapportent aussi un bien-être psychologique inférieur aux autres profils et sont plus fréquemment victimes de harcèlement.
Ces résultats permettent de mieux comprendre ce que peut représenter la jeune aidance au quotidien : au-delà du soutien ponctuel à un proche, elle peut avoir des répercussions sur l’équilibre personnel, la santé psychologique et la vie scolaire des adolescents.
Produire des connaissances pour mieux repérer et accompagner
L’intérêt de cette recherche est précisément de mieux identifier ces situations, encore souvent invisibles, et d’en comprendre les conséquences.
L’étude ELIAS ne s’arrête pas à ces premiers résultats. Les collégiens et leurs parents continuent d’être suivis sur plusieurs années, à travers des questionnaires portant notamment sur la santé, la qualité de vie, la vie familiale, les activités d’aide à domicile et la perception de la réussite scolaire. Des travaux sont également menés auprès des professionnels des collèges et des enseignants.
À terme, ces connaissances doivent contribuer à mieux repérer les jeunes concernés, à mieux comprendre leurs besoins et à nourrir les réflexions sur les dispositifs d’accompagnement qui peuvent leur être proposés.
Soutenir une recherche utile à la société
En soutenant les travaux d’Aurélie Untas, la Fondation Université Paris Cité contribue à faire progresser la connaissance sur un enjeu à la fois sanitaire, familial, éducatif et social.
Cette recherche illustre concrètement le rôle que peut jouer le soutien à la recherche académique : faire émerger des données nouvelles, mieux comprendre des réalités encore peu visibles et donner aux professionnels, aux familles et aux décideurs des éléments pour agir.
À travers ce type de projet, la Fondation poursuit une ambition simple : accompagner des chercheurs dont les travaux peuvent avoir un impact direct sur la société et contribuer à améliorer la santé et le bien-être de chacun.