Penser ensemble santé humaine, environnement et sociétés
Ouvrant la soirée aux côtés de Gérard Friedlander, Délégué général de la Fondation, Édouard Kaminski, Président d’Université Paris Cité, a rappelé combien les transformations environnementales à l’œuvre imposent de repenser notre manière d’aborder la santé.
Changement climatique, déstabilisation des écosystèmes, maladies vectorielles, pollutions ou encore tensions sur l’accès à l’eau et à l’alimentation affectent déjà directement ou indirectement la santé des populations. Face à ces évolutions, la recherche doit permettre de mieux comprendre, mesurer et anticiper les risques afin d’éclairer l’action collective.
La santé planétaire invite ainsi à ne plus considérer la santé sous le seul angle du soin ou de la maladie, mais à prendre en compte ce qui se joue en amont : notre environnement, nos territoires, nos modes de vie, nos sociétés et les écosystèmes dont nous dépendons. Une approche pleinement en phase avec la signature portée par Université Paris Cité : « Des êtres humains en bonne santé, au sein de sociétés en bonne santé, sur une planète en bonne santé ».
Climat, crises, sociétés : anticiper les risques sanitaires de demain
Animée par Gérard Friedlander, la table ronde a réuni Jean-Philippe Avouac, directeur de l’Institut de Physique du Globe de Paris, Denis Chartier, professeur de géographie à l’ Université Paris Cité, Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’Université Paris Cité, et Arnaud Fontanet, professeur d’épidémiologie à l’Institut Pasteur et au Cnam.
Leurs regards complémentaires ont permis d’aborder la santé planétaire depuis les sciences de la Terre, la géographie, l’épidémiologie et la santé publique. Les échanges ont notamment porté sur l’émergence de nouveaux agents infectieux, l’évolution des maladies vectorielles, les effets des expositions environnementales, l’accès aux ressources ou encore la nécessité de mieux articuler observation des territoires et prévention sanitaire.
Un constat s’est imposé : connaître les risques ne suffit pas, encore faut-il savoir les anticiper et s’y préparer. Les canicules, les tensions sur l’eau, les déplacements de populations ou l’évolution des écosystèmes interrogent à la fois l’organisation des soins, les politiques de prévention et l’aménagement de nos territoires.
Cette approche suppose aussi de décloisonner les disciplines. Médecine, épidémiologie et santé publique doivent désormais dialoguer davantage avec les sciences de la Terre, la géographie ou encore les sciences humaines et sociales. Car santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes sont profondément interdépendantes.
Préserver le vivant pour protéger l’humain
La soirée s’est poursuivie avec une conférence de Cynthia Fleury, professeure titulaire de la Chaire Humanités et Santé au Conservatoire national des arts et métiers, intitulée « Préserver le vivant, protéger l’humain ».
En croisant l’approche One Health et les humanités médicales, Cynthia Fleury a élargi la réflexion aux conditions mêmes d’une vie habitable. Protéger la santé suppose non seulement de préserver l’air, l’eau et les milieux naturels, mais également de prendre en compte les conditions de logement, de travail et les liens sociaux.
Elle a également souligné combien la transition écologique et sanitaire doit rester indissociable des questions de justice sociale : les transformations nécessaires ne peuvent reposer en priorité sur les personnes et les populations déjà les plus exposées.
Au cœur de cette approche demeure aussi la singularité de chaque individu. Si les données biologiques, sociales ou environnementales sont indispensables pour comprendre les déterminants de santé, elles ne doivent pas effacer la parole du patient, son expérience et sa capacité d’agir.
Faire dialoguer la science et la société
Cette soirée a enfin rappelé l’importance de faire circuler les connaissances au-delà des frontières académiques. La science permet de comprendre et d’anticiper les transformations à venir, mais elle doit aussi être accessible, partagée et mise en dialogue avec la société.
C’est pleinement le rôle que souhaite jouer la Fondation Université Paris Cité : créer des rencontres entre chercheurs, professionnels, partenaires et acteurs de la société, et contribuer à transformer les connaissances en actions.
À l’horizon 2050, une certitude se dégage : les futurs de notre santé se préparent dès aujourd’hui.